Samedi, le 22 juillet 2017

Analyse Thématique

Résumé - Mesure et cartographie de la pauvreté à partir des conditions de vie

tome14

 

Rédacteurs:

Dr. DJOUMESSI  Joseph Blaise, Démographe
M. KOM Yves Huster, Ingénieur Statisticien Economiste
 
 
Résumé:
 

Le présent travail se fixe comme objectifs, mesurer et cartographier la pauvreté des conditions de vie à l’aide des seules données du 3ème Recensement Général de la Population et de l’Habitat réalisé au Cameroun en novembre 2005. En fournissant des indicateurs stratégiques au niveau national, régional et départemental, ce thème voudrait une contribution forte à l’objectif n° 9 de 3ème Recensement Démographique : «fournir des données pour l’élaboration et la mise en œuvre de la stratégie de la lutte contre la pauvreté, en rapport avec le Programme National de Gouvernance.»

Le bien-être en termes de conditions de vie des ménages à été mesuré à l’aide d’un Indicateur Composite de Pauvreté (ICP) calculé avec la méthode d’Analyse en Composante Principale (ACP) sur des données des caractéristiques de l’habitat et des conditions de vie des ménages que sont : statut d’occupation, type de structure, matériaux des construction du logement, source d’énergie pour l’éclairage, d’énergie, la cuisson, d’approvisionnement en eau de boisson, le lieu d’aisance, d’évacuation des eaux usées et ordures ménagères, le site d’implantation et la voie d’accès au logement. A partir des valeurs croissantes de la distribution de l’ICP, cinq quintiles de richesse ont été élaborés : les ménages plus pauvres, pauvres modérés, moyens, riches et plus riches. Les ménages du premier du deuxième quintile sont des ménages et ceux des trois derniers sont des ménages non pauvres.

Un rapprochement de nos résultats avec ceux de l’enquête MICS III et calculés avec la même méthodologie ont les mêmes tendances malgré quelque différence de niveau. C’est ainsi que l’incidence de la pauvreté non monétaire issue du 3ème RGPH au niveau national (36,1%) est de quatre points inférieure à celle du MICS III (40,1%). Par ailleurs, au niveau régional, l’Extrême-Nord reste la région la plus pauvre avec une incidence de 76,3% contre 81,5% au MICS III. A Douala et Yaoundé, les incidences de la pauvreté sont quasiment nulles selon ces deux sources.

Au Cameroun, 17,5% des ménages sont plus pauvres, 18,6% pauvres modérés, 20,5 riches, et 24,5 plus riches ; 36% des ménages sont pauvres et 64% non pauvres. L’incidence de la pauvreté est plus élevée en milieu rural (66%) qu’en milieu urbain (7%). Elle est aussi légèrement plus élevée dans les ménages dirigés par des hommes (37%) par rapport à ceux dont les chefs sont des femmes (32%). Au niveau des régions, l’Extrême-Nord (76%) a la plus forte incidence et le Littoral sans Wouri (13%) la plus faible. Le Mayo Danay avec une incidence de 88% est le département le plus pauvre et le Fako (2%).

L’âge moyen des chefs descend de 43,7ans dans les ménages plus pauvres à 37,2 ans aux plus riches. La pauvreté augmente ainsi avec l’âge moyen des chefs de ménage et cela quelque soit le milieu de résidence. On constate par rapport au sexe, que les femmes chefs des ménages pauvres sont plus âgées que les hommes qui jouent le même rôle en milieu urbain comme en rural. En milieu urbain, la région du Littoral a les chefs de ménage les plus âgés (51,2 ans) et celle de l’Est les moins âgés (41 ans) ; alors qu’en rural, on a l’Ouest (52,5 ans) et le Nord ’41,4 ans). Les hommes chefs de ménage plus âgés sont ceux de la région de l’Ouest (50,2ans) et les moins âgés sont ceux de l’Est (40,2 ans).

Les chefs ménage célibataires et en union libre ont la plus faible incidence (17%). L’incidence la plus élevée (57%) au niveau des régions est celles des régions de l’Extrême-Nord et du Nord. Celles des bigames (82%) et des chefs de ménage en union libre (63%) sont aussi enregistrés dans cette région de l’Extrême-Nord. La région de l’Adamaoua a l’incidence la plus élevée des trigames (79%). En suite l’Extrême-Nord revient avec les plus fortes incidences des séparés (81%), des divorcés (72%), et des veufs (82%).

La taille moyenne des ménages pauvres (5,7) est plus forte que celle des non pauvres (4,8) ; celle des mêmes ménages dirigés par les femmes (3,9) est bien inférieure à celle de ceux dirigés par les hommes (6,1). Le milieu de résidence n’affecte pas de manière très significative la taille moyenne des ménages selon le statut de la pauvreté. La taille moyenne des ménages décroit des ménages plus pauvres (5,6) aux plus riches (4,2) ; la taille moyenne de ménage augmente avec la pauvreté.

Le milieu rural abrite 90% de la population pauvre et 26% de la population non pauvre du Cameroun. La moitié de la population des ménages pauvres du Cameroun habite les régions de l’Extrême-Nord et du Nord qui n’ont que 38% de la population totale du pays. En milieu rural, ces régions comptent 14% de la population mais regroupent près de la moitié de la population rurale pauvre du Cameroun. L’incidence de la pauvreté selon le secteur d’emploi révèle qu’avec une incidence de 71% , le secteur traditionnel apparaît comme un foyer de pauvreté comparé au secteur moderne(2,7%) et au secteur informel(10,6%). Le milieu de résidence introduit de grandes différences ; ainsi, l’incidence du secteur moderne urbain est de 1,1% contre é 23,6% pour le milieu rural et 24% contre 41,7% pour le secteur in formel ; et enfin pour le traditionnel, on a 38 contre 76,3%. Huit pourcent seulement des salariés (permanents ou temporaires) sont des pauvres. Les travailleurs pour leur propre compte (56%), sont des pauvres ; 93% des personnes occupées et pauvres sont des travailleurs indépendants.

 

Le taux de scolarisation des enfants de 6 à 11 ans des ménages pauvres est de 64% alors que celui des non pauvres est de 87%. L’écart entre le taux de scolarisation des garçons et des filles est respectivement à 7 et 4 points chez les plus pauvres et les pauvres. La discrimination envers les filles est plus accentuée dans les ménages pauvres que dans les non pauvres. Elle plus accentuée dans l’Extrême-Nord, le Nord, l’Adamaoua et l’Est. Les populations des ménages pauvres habitent dans les logements de type bas standing (13%), traditionnels améliorés (26%), traditionnels simples (38%), et précaires (14%) alors que les non pauvres habitent dans les logements de type haut standing(5,6), standing moyen (28%), bas standing (47%), et traditionnel amélioré (16%).
 

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