Mardi, le 27 juin 2017

Analyse Thématique

Résumé - Caractéristiques de l'habitat et cadre de vie des populations

tome05

 

Rédacteurs:

M. DAYANG Romain, Démographe
M. MINYA Jules Valère, Géographe  
  
Résumé:
 

Le 3ème Recensement Général de la Population et de l’Habitat a permis de recueillir des données sur les caractéristiques physiques des logements et certains éléments du cadre de vie des populations. En effet, deux objectifs spécifiques de cette opération ont été explicitement exprimés dans ce sens à savoir :

-  déterminer les caractéristiques de l’habitat ;
-  déterminer les éléments du cadre de vie de la population.

 

L’intérêt des données concernant les caractéristiques de l’habitat tient aussi au fait qu’elles permettent de calculer les indicateurs de mesure des progrès réalisés dans la mise en œuvre des objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD). L’objectif n°7 en particulier a deux cibles adaptées par le Cameroun à son contexte à savoir:

-  réduire de moitié d’ici 2015 le pourcentage de la population qui n’a pas accès de façon durable à un approvisionnement en eau de boisson salubre ;
-  améliorer sensiblement d’ici 2020 l’habitat des camerounais.

 

De l’analyse des données du 3ème RGPH, il se dégage que pour la construction des logements, l’utilisation des matériaux modernes ou durables, par opposition aux matériaux traditionnels puisés dans la nature, tend à se généraliser. Le ciment est davantage utilisé dans la construction des murs et du sol. Les toits sont de plus en plus couverts avec la tôle. La proportion de ménages occupant des logements dont les murs sont construits en Béton, en Parpaings ou Briques cuites est ainsi passée de 7,4% en 1976 à 29,7% en 2005. Au cours de la même période, la proportion de ménages occupant des logements avec des toits en tôles ou en tuiles est en nette progression. Cette proportion est passée de 44,8% en 1976 à 68,9% en 1987 pour se situer à 77,2% en 2005. En 1976, plus de sept ménages sur dix (77,4%) occupaient des logements avec un sol en terre et à peine un quart des ménages (20,3%) vivait dans un logement avec un sol en ciment. En 2005, c’est prés de un ménage sur deux (48,8%) qui occupe un logement avec un sol en ciment.

 

Les ménages camerounais ont davantage accès à l’électricité. Dans l’ensemble, un ménage sur deux s’éclaire à l’aide du courant électrique alors qu’en 1987, environ un ménage sur cinq avait accès à ce mode d’éclairage. Toutefois, des disparités importantes existent entre les régions.

 

L’utilisation des combustibles solides ou biomasse (bois, charbon, copeau ou sciure) reste encore largement répandue. C’est paradoxalement dans les régions sahéliennes du Nord et de l’Extrême-Nord où l’arbre est rare que les ménages utilisent le plus du bois comme source d’énergie pour la cuisson. Dans l’ensemble, ce type de combustible est utilisé dans près de sept ménages sur dix.

 

Concernant l’approvisionnement en eau de boisson, les résultats du 3ème Recensement révèlent qu’une frange importante (18,3%) de la population camerounaise vivant dans les ménages ordinaires utilise l’eau de surface. C’est surtout en milieu rural que cette eau est consommée par une proportion importante de la population (31,6%). Dans l’ensemble, 47,3% de la population ont accès à une source d’eau de boisson salubre. L’accès à une source d’approvisionnement en eau de boisson salubre reste ainsi un défi majeur dans beaucoup de régions, notamment celles où on rencontre plus de la moitié de ménages n’ayant pas accès à une source d’eau de boisson salubre : l’Est (76,2%), l’Extrême-Nord (72,2%), l’Adamaoua (71,8%), le Nord (70,3%), le Centre sans la ville de Yaoundé (68,0%), le Sud (63,4%) et l’ouest (62,8%).

 

Concernant l’hygiène et l’assainissement, les données révèlent que la latrine est le type de lieu d’aisance le plus répandu. Toutefois, 7,9% des ménages n’ont pas de lieu d’aisance aménagé et par conséquent, utilisent la nature. Ces ménages se retrouvent davantage en milieu rural (15,0%).

 

Quant à l’évacuation des ordures ménagères, en milieu urbain 57,6% des ménages utilisent les bacs publics. En général, c’est dans la broussaille et les alentours de la maison que les ménages jettent leurs ordures ménagères.

 

Pour ce qui est de la propriété du logement, on constate que par rapport à 1987, moins de ménages en 2005 vivent dans des logements dont ils sont propriétaires. En effet, dans l’ensemble, 74% des ménages étaient propriétaires de leur logement en 1987 contre 65% en 2005. C’est en milieu rural que la proportion de ménages occupant des logements dont ils sont propriétaires est importante (84,9%) alors que cette proportion est de 47,0% en milieu urbain.

 

En ce qui concerne les sites d’implantation des maisons d’habitation, les données du 3ème Recensement révèlent que beaucoup de ménages vivent dans des habitations construites sur des sites comportant des risques de danger. Les ménages implantés sur des sites à risque représentent 44,8%.

Dans l’ensemble, 16,1% des ménages vivent dans des logements où la densité d’occupation est supérieure à 3 personnes par chambre. En milieu urbain, la proportion de ménages (16,7%) avec une forte densité d’occupation (plus de 3 personnes par chambre) est légèrement supérieure à celle du milieu rural (15,5%).

 

Du fait que l’habitat constitue le support matériel de la société, y investir permet d’améliorer les conditions d’existence de la population. Pour les pouvoirs publics il s’agit de soutenir la politique de l’habitat par des mesures de facilitation de l’accès aux services sociaux de base. Pour les populations, il est attendu qu’elles adaptent leur mode d’habitation aux exigences des normes environnementales. Les ménages doivent rendre viables leurs espaces de vie en vue de constituer des établissements humains durables.
 

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